Perspectives contre le cancer

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Perspectives contre le cancer est une belle association menée par la lumineuse Isabelle Soula. Si, comme Isabelle le rappelle, il n’est pas évident de pousser parfois la porte, vous reviendrez à coup sûr partager de bons moments autour de cette équipe chaleureuse. L’art tient toute sa place au sein de cette association, rencontre avec Isabelle art thérapeute et plasticienne. 

Pourquoi avoir créé cette association ? 

Il y avait un travail à mettre en place sur le territoire. Nous proposons des soins de supports, c’est un étayage qui accompagne, des soins non-médicamenteux afin d’améliorer la qualité de vie. Il y avait un manque important ici, psy, socio esthétique, gérer les effets secondaires des traitements, etc. En 2014, nous avons créé l’association. 

Explique-nous comment fonctionnent les ateliers ? 

Ces ateliers, nous les avons imaginés comme une boîte à outils que les membres de l’association ont à leur disposition. Évidemment leur vie est rythmée entre l’hôpital et le domicile, nous leur proposons de nouveaux temps comme le yoga, le reiki, la sophrologie, des ateliers sexo ou des cafés papotages…

C’est un temps d’échange en groupe ?

Oui, c’est le rendez-vous du mardi. On le veut le moins anxiogène possible, on peut tout ou ne rien dire. On rigole, ce qui compte, c’est la vie, comme les couleurs de notre logo. Rire permet de prendre de la distance par rapport à l’épreuve et de dégonfler ce qui est parfois difficile à vivre. Une amie nous racontait qu’elle devait s’abstenir durant six mois, mais quand même temps, on lui avait conseillé un sextoys, difficile à faire croire à son mari que c’était une décision du médecin (rires).

Tu as mis en place de l’art thérapie, peux-tu nous dire en quoi cela consiste ?

C’est un soin support. On cherche un nouveau mode d’expression, une médiation nouvelle qui ne fait pas intervenir le vocabulaire. On pose sur la toile, c’est une découverte nouvelle.

Mon travail, c’est de ne jamais les laisser en situation d’échec. Je dois apporter des solutions pour qu’ils y arrivent tous, certaines personnes n’ayant jamais tenu un pinceau de leur vie.

Le temps d’une heure et demie, leur cerveau droit est actif, ils ne se focalisent plus sur le cerveau gauche et donc sur la douleur. Cela peut paraître peu, mais une heure, c’est beaucoup.

Le temps n’est pas le même ?

Non, la notion du temps et la temporalité sont différentes. Dire à quelqu’un qui vit cette épreuve, « dans six mois » ça peut les emmerder. On ne vit pas la même temporalité.

Il y a de nombreux arts thérapeutes, avec de la musique, du théâtre, des clowns, etc. Je suis plasticienne, donc je fais avec mes compétences.

Comment es-tu devenue plasticienne ?

J’ai toujours fait ça. J’ai fait des études d’art à Valencienne, puis à Lille. Je voulais être professeur, mais cela exigeait de renier ce en quoi je crois dans mes cours. J’ai eu la chance de rencontrer Pierre (son mari) qui m’a poussé à faire ce dont j’avais vraiment envie.

Je ne montre pas mes œuvres, je ne me sens pas être une artiste. J’ai donc cherché un métier qui me permettais d’achever ou réparer des œuvres tout en utilisant des techniques différentes. Je suis devenue restauratrice de céramiques pour le musée de Sèvres, ce qui explique mon installation à Beauvais, une terre de céramistes.

Quels furent tes engagements associatifs ?

J’ai toujours été dans l’associatif. J’ai travaillé pour une association, cœur de femmes, à Paris. J’ai mis à profit à Beauvais ce que j’avais appris dans cette association. Au Japon, lorsqu’une œuvre est réparée, l’artiste met, un liseré doré pour attester de la brisure. C’est ce qui m’intéresse, nos liserés dorés et surtout comment nous vivons avec.

Quel est ton rapport avec l’Afrique ?

Ce qui m’a toujours fasciné, c’est de côtoyer des publics très différents. Avec « cœur de femmes, » nous avons monté un programme qui m’a amené à travailler en Afrique. Beaucoup de femmes africaines sont parties en France dans l’espoir d’une vie meilleure. Comme elles ne l’ont pas trouvée, elles se sont retrouvées coincées, elles ne pouvaient pas revenir chez elles, car il aurait fallu assumer un échec. Nous les avons aidé à obtenir des diplômes puis à revenir en Afrique et retrouver leur place. Il a fallu convaincre des partenaires importants, comme le ministre de l’Intérieur. Nous avons créé une maison à Dakar pour les accompagner dans leur retour, la cuisine était notre lien à toutes, il y avait des saveurs et des épices de tous les pays.

Si tu devais choisir trois actions fortes pour octobre Rose ?

Il y a le ruban rose sur la statue Jeanne Hachette le 02 octobre, la marche rose au plan d’eau le 05 octobre. Ce sont des événements très importants et rassembleurs. Puis il y a l’exposition « A quel sein se vouer » qui ira à Chaumont en Vexin, c’est un bel événement.

Octobre rose mobilise une cinquantaine de bénévoles sur près de quarante événements : toutes les informations sur leur site internet

Photographies : Gaël Le Guen

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