Rimes Croisées

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Crédit photo : JB Quillien

Le slam a été inventé par Mark Kelly Smith, poète de Chicago, qui en avait marre de l’entre soit. Le principe est simple, régie par quelques règles, si tu as quelque chose à « jeter » aux autres, tu viens, tu t’inscris, l’animateur de scène t’appelle pour monter sur scène et tu proposes. Très vite, la scène slam de Beauvais a su réunir autour du collectif une vraie petite famille de passionnés. Retour avec Eddy, Ti Day et Voix-Basse sur l’aventure « Rimes Croisées ».

Comment tout cela a-t-il commencé ?

TD : La Voix-Basse et moi-même (Ti Day) nous nous sommes rencontrés à l’Ouvre-Boîte, à un concert de R.wan le chanteur de Java. Nous avions des connaissances en commun, on a passé la soirée à discuter autour de quelques verres. Puis on a décidé d’écrire ensemble.

VB – J’animais à l’époque un atelier slam au collège Charles Fauqueux où Lyor du 129H intervenait également de manière ponctuelle. Ce fut ma première approche « professionnelle » dans la sphère Slam.

​TD – De mon côté, j’a​i​ rencontré Neobled, autre membre du 129H, à l’occasion d’un ​projet autour ​des arts urbains ​que je coordonnais ​dans un centre social. ​Je l’ai fait intervenir avec Sancho sur 2 collèges. Puis nous avons commencé à sympathiser et je suis allé en scènes slam avec ​eux sur Paris​.​ ​​Quand j’ai raconté tout cela à « La Voix Basse », on s’est dit que c’était le destin ! Alors forcément, je tenais à ce que ces deux-là se rencontre …

VB : Un ​soir​ Neo, nous a regardé, et dans un songe nous a suggéré de monter notre propre scène à Beauvais.​ Car bon, c’est galère d’aller sur Panam tous les mois, surtout que là-bas, elles ont lieu en pleine semaine. On était septiques mais il insiste et il arrive à nous convaincre avec ses arguments !​ A ce moment-là, il vous faut un spot….

Crédit photo : JB Quillien

Pourquoi l’écume du Jour ?

VB – Je ne connaissais pas l’écume du jour. Mais nous avons décidé d’y entrer par curiosité. Nous y sommes allés et nous avons été accueillis par « Joëlle », on lui a parlé du principe et de l’idée : Un texte dit, un sirop offert. Joëlle est montée à l’étage. Puis lorsqu’elle est redescendue, elle avait son agenda à la main : « Bon on la fait quand ? » (rires). Ce lieu plein de valeurs et de bienveillance était parfait pour accueillir une scène slam.

TD – On organise notre scène slam en Juin 2014, avec le soutien de Neo et Sancho, qui co-animent la soirée avec nous. Pour la première on a eu une quinzaine de passages avec près de soixante spectateurs.

TD – L’écume du jour est emballée et nous aussi, on décide donc d’y mener notre première saison de slam. Au fur et à mesure des mois, il y a de plus en plus de participants et de spectateurs. L’écume, c’est un super lieu qui bouge énormément où il se passe toujours quelques choses. En avril 2016 y’a un hic, ils ne peuvent pas nous accueillir. Faut rebondir, du coup on organise la scène slam de ce mois à mon taf au centre social à Froissy. Résultat : 80 personnes présentes, une bonne vingtaine de passage, les habitués sont quasiment tous présents et on y rencontre « Melissa ». Puis on revient à l’écume en mai et juin. Par la suite ils nous signifient, très gênés car satisfaits de ce partenariat, qu’ils ne pourront pas nous accueillir tous les mois la saison prochaine, la faute à un agenda déjà très blindé.

Vous avez donc cherché un autre lieu, comment c’est fait le lien avec l’ASCA ?

VB – On avait fait un showcase et une scène slam à l’occasion du festival Zurban fin juin 2015. C’est là qu’on a rencontré Phil le programmateur de l’ASCA et qu’on lui a parlé du projet. En octobre 2015, on lance la scène là-bas. C’est à cette occasion qu’on est rentré dans le principe QDCF, dont Néobled est à l’initiative.

Eddy – Le principe est simple, quand tu fais un texte sur scène, normalement tu as une boisson offerte. Là, chaque passage rapporte 2 euros à une association. L’association interagit avec le public pendant la soirée, en se présentant et en faisant des expos aussi. A chaque scène, une association différente est mise à l’honneur. Et il y aussi une boite à dons pour les spectateurs qui veulent soutenir l’asso. Nous tenons à mettre en avant les associations qui ne sont pas spécialement visibles du grand public ou celles dont nous avons des coups de cœur pour leurs projets.

Crédit photo : Art Hic

TD – On a fait pas mal de rencontre la première année : « Néné », « Syllabs », « Lyz », « Rap as », « Hervé »… mais surtout Gérald, JF et Eddy qu’on intègre au collectif lors de cette deuxième saison. On a commencé au bar ASCA, idem la mayonnaise prend, à tel point que la sécu est obligée de refuser des personnes à la scène du mois de mars 2016. Phil nous propose de descendre dans l’Ouvre Boite le mois suivant. Ludo le régisseur de l’époque, a imaginé une disposition « cabaret », avec une scène en bas de la grande. Nous ne voulions pas monter sur la grande scène de l’OB car une soirée slam n’est pas un concert. Nous tenons à avoir une proximité avec le public et une ambiance chaleureuse et bienveillante.

Votre réseau s’étoffe, avec de nouvelles rencontres, de nouveaux projets ?

Eddy – Oui le réseau s’étoffe, le bouche à oreille fonctionne, les gens viennent d’Amiens, de Montataire, de Paris, sans oublier le noyau Beauvaisiens habitués de la scène. Trouve-moi un lieu où il y a une telle mixité ? En soirée slam, y’a des jeunes, des moins-jeunes, des familles…Tu peux passer d’un rappeur de 20 ans à une poétesse de 60 ans, qui vont se respecter, s’écouter et même se lier d’amitié. C’est beau !

TD – Parallèlement à la scène, on est sollicité par différents établissements pour organiser des ateliers d’écriture : Maison d’enfance à caractère sociale, collège, lycée, centres sociaux, CFA… Après 4 années à l’ASCA, on décide de changer de lieu pour la scène slam et depuis la rentrée, nous sommes à l’Alternative Bar en centre-ville. C’est un nouveau défi parce qu’on veut investir ce centre-ville. Trouver de nouvelles personnes, découvrir de nouveaux slameurs tout en gardant la petite famille avec nous.

VB – C’est bientôt les cinq ans du collectif. Il faut se réinventer et proposer de nouvelles choses pour le Slam à Beauvais. Nous avons une réelle envie d’investir le centre-ville par des sessions Slam dans la rue par exemple. Et encore d’autres projets en réflexions qui sortiront durant l’année si tout se passe bien.

La liberté d’expression est-elle vraiment totale ? N’êtes-vous pas responsables de ce qui se dit sur votre scène – propos racistes, antisémites ?

TD – On n’est pas des censeurs. Les règles sont simples, tu t’inscrits et quand le slam master t’appelle tu as 3 minutes pour faire ton passage sur scène. Le reste, ce n’est pas à nous de réguler les textes. C’est le publique de la scène qui offre son soutien ou non.

VB – La scène slam est un lieu d’expression libre, nous ne savons pas ce que le slameur qui arrive sur scène va dire ou faire. Ensuite ça se passe entre lui et le public.

Retrouve les croisées tous les premiers samedis du mois à l’Alternative Bar rue du 27 juin et sur leur site internet

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