Sancho Bala

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Serein et allongé dans un canapé des coulisses de la QDCF à l’ASCA, c’est en juin dernier que nous avons rencontré Sancho. Amusé par l’exercice, il nous répond spontanément sur sa vie et son œuvre. Sancho est un slameur de longue date, il connait les scènes parisiennes très jeune avant de vivre quelques années à Beauvais. Il nous laisse une chanson, un hymne pour notre ville mais aussi de nombreux bons souvenirs.

Sancho, est-ce un nom d’artiste ou ton vrai prénom ?

Oui et non. Parce que ce n’est pas ce qui est écrit sur mes papiers. C’est pourtant mon identité, même ma femme m’appelle comme ça. Mon vrai prénom, même moi, je ne le connais pas. 

Veux-tu nous parler de tes origines ? 

Je suis né au Brésil, j’ai été retrouvé dans une rue. J’ai ensuite été adopté, tu sais, je viens d’une autre planète. Peut-être, es-tu des nôtres ? Je ne sais pas, observe et analyse…

Dans ta planète, on écoutait quoi ? 

De la chanson française, des trucs de parents comme Brassens. Mais aussi de la musique brésilienne, comme ma sœur vient de là-bas, on écoutait de la samba, de la bossa. Puis j’ai écouté du rap, du rock, j’ai eu une phase Rage against the machine, le rap me servait pour l’écriture. J’apprécie aussi beaucoup le reggae, ce que j’aime, ce sont les mélanges. 

L’écriture te vient comment ? 

Cela vient de ma grand-mère, dès l’école primaire elle me faisait écrire des petits textes contre des friandises. J’ai poursuivi ça au collège, j’écrivais parfois pour d’autres personnes qui n’assumaient pas ce qu’elles avaient à dire, comme aux filles. J’ai découvert les scènes slam à 18 ans, c’était à La Rochelle. 

Comment en es-tu venu aux scènes parisiennes ? 

Naturellement, je suis allé à Paris voir ce qu’il se faisait. C’était un vrai bordel dans lequel traînait un pote de l’école primaire, petit Nico. J’y ai rencontré Neobled, mais aussi Grand Corps Malade. Petit Nico faisait de la musique pour lui. Je me souviens de soirées, certaines sont parties en couille. J’ai fait beaucoup de scènes puis en 2008, j’ai arrêté. Je n’avais plus la foi. Il faut savoir que si le succès de Grand Corps était cool, il y a eu un basculement. On sortait d’un truc underground à quelque chose de connu. On avait des gars qui venaient slamer à la « Grand Corps Malade ». C’est à Beauvais que j’ai retrouvé la fraîcheur des premières scènes, donc je suis remonté. 

La musique est ton métier aujourd’hui, quelle public touches-tu ? 

Je fais le lien avec le slam lors d’ateliers pour des élèves, enfants et des adultes. Je bosse avec des éduc’ spé, mais aussi des écoles. Je suis un intermittent social, j’ai aussi une activité de parolier. Je vise un public très varié, des enfants jusqu’aux personnes âgées.

Tu vis aujourd’hui dans le sud, comment es-tu arrivé à vivre à Beauvais ? 

Je faisais un atelier à Crèvecoeur le Grand avec Neo. Beauvais ça a été la chance de ma vie, enfin surtout celle de ma femme, car c’est là que je l’ai rencontré. Un proverbe brésilien dit « on ne peut pas faire l’amour avec toutes les femmes dans sa vie, mais il faut essayer. »

Quels sont tes projets ?

J’ai fait un album que tu peux trouver, il s’appelle la Farofa. J’ai aussi enregistré des titres pour les « Hurlements de Léo », pour leur dernier album. Je fais quelques spectacles dans le sud pour l’association de Francis Cabrel, la Voix du Sud. Je fais moins de concerts, mais revenir à Beauvais, c’est toujours un kiff.

Découvre l’univers riche et coloré de Sancho sur sa chaîne youtube

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