Jorge Silva

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Crédit photo : Gaëlle Vecchiarelli

Si vous entendez un soir dans les zincs de Beauvais une petite musique qui sent le soleil et vous invite délicatement à la danse, n’hésitez pas, entrez et profitez du charme « caliente » de Jorge Silva. Avec lui, « la vie est courte faut en profiter ». On a évoqué le bon vieux temps, mais aussi sa passion et bien plus encore, un moment d’échange privilégié avec cet homme chaleureux plein de ressources. 

Tu es un petit nouveau dans le milieu des soirées beauvaisiennes (rires)

Mon premier groupe s’appelait V13 ou Vendredi 13, en référence au film que nous avions aimé. J’étais guitariste dans le groupe. On a gagné un premier prix dans un festoch en Picardie, on a fait une maquette avec cinq titres quand même. On répétait dans les caves rue du 27 juin. On se produisait au « Petit Gibus » à Paris, là-bas on croisait Indochine, on était dans la même mouvance, on échangeait pas mal dans les backstages. On a été repéré, mais les producteurs exigeaient de changer certains membres du groupe. On a refusé, bref le train ne passe qu’une fois dans ce milieu… Dans le film « Tchao Pantin », tu peux voir Fabienne, une de nos groupies, qui porte le blouson de cuir noir avec inscrit dessus « Vendredi 13 ». Cette belle histoire a duré cinq années puis le chanteur a arrêté. Je me suis mis au chant, puis on a changé plusieurs musiciens et l’histoire s’est terminée. 

Il paraît que tu bosses dans ton garage ? 

Oui, j’ai transformé mon garage en studio de musique. J’ai travaillé très tôt avec des ordinateurs pour faire des samples (boucles de sons). J’ai décidé de bosser tout seul pour ne plus attendre les autres. Je me suis équipé dans des magasins autour de Pigalle, je traînais beaucoup dans les magasins de musique, je cherchais des plans, des conseils. Je pars d’une certaine idée à la guitare, je fais du yaourt dessus et je bosse les rythmes. Puis j’habille ma musique, je rajoute une basse et des cœurs. Il y a eu une grande période durant laquelle je me cherchais. 

Quelles sont tes influences ?

Je n’écoute pas trop de musique. Dès que j’ai un moment, je préfère créer. Par contre, j’ai fait un voyage au Brésil. J’ai été bossé dans une usine au Nordeste, je suis revenu avec beaucoup de rythmes et de musique en tête. Il y a une grande influence de l’Afrique, j’ai découvert le forro, le tongo bossa ou le pasadobre. C’était la musique que mes parents écoutaient, ça m’a fait comme un déclic. 

La musique brésilienne me faisait penser à un jazz rythmé, pendant un an, j’ai fait la SIM une école de musique. J’ai travaillé la guitare, fait des cours de bongo, de musique latine avec Tuto Plentes, de chant avec Marc Thomas…

Ce qui me plaît, c’est cette impression d’être « en l’air », ce sont des musiques qui ne sont pas sur le temps, elles sont dansantes, « en l’air ». 

Comment travailles-tu avec ton groupe ? 

Il n’y avait pas de groupe comme le notre à Beauvais. Il y avait beaucoup de groupes de rock, mais pas de musique du monde ou de musique latine. Je donne à mes musiciens les grilles des chansons et ils s’amusent à l’intérieur. On a monté un groupe, Bagasso, avec plusieurs musiciens pour m’accompagner. Il y a eu du monde, Landry, Laurent Legoff à la guitare, etc. Bagaso en portugais, ça veut dire goutte d’eau qui dérive, on donne aussi ce nom aux pochetrons dans les cafés (rires)

Du coup, tu faisais des concerts au Tongaso ?

Tongaso va avec Bagaso. Le groupe vient de là-bas. D’ailleurs, c’est là-bas que l’on a fait notre premier concert pour se tester. J’aime l’ambiance, on se sent à la maison. 

Un souvenir ou deux de tes plus belles scènes ? 

Le palais des congrès à Nantes. On avait des copains qui nous ont branchés sur la première partie d’Emile et Images. C’était énorme, eux ont vendu des millions d’albums, nous cinquante (rires)

Il y a eu une belle scène à l’ASCA aussi, pour le lancement de France Bleu Picardie, c’était chouette, on avait un son magnifique, on avait même pas fait de répétition. 

Quels sont tes projets ? Un futur album ?

J’ai déjà fait un album, mais ça ne marche pas. C’est énormément de travail pour peu de retour. Aujourd’hui, je ne me prends plus la tête. C’est du « one shot ». Je sors une chanson par une chanson, avec à chaque fois, un clip. 

J’ai ma petite gopro, je fais des images tout le temps. Je voyage, dès que je vois un paysage ou un plan, je le tourne. Là, je viens de faire un week-end au Portugal, j’ai tourné pour une chanson à l’esprit Fado. 

Si je devais faire passer un message, c’est que les moyens ça ne fait pas grand chose. Ce qui compte, c’est le travail et les idées que tu développes. Une carte son, un petit rythme et hop, c’est parti. 

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